Tout au long de cet article, je répondrai, entre autres, aux questions suivantes :
– Quel est l’indice minimaliste des Tracker Leather AT II ?
– Quelles sensations procurent-elles ?
– Quelle est leur adhérence ?
– Sont-elles résistantes à l’eau ?
– Pour quels usages puis-je les utiliser ?
Vivobarefoot, une marque que je propose depuis 2024
Encouragé par des clients qui connaissaient déjà la marque, j’ai commencé à proposer des Vivobarefoot en 2024. J’avais alors testé la Primus Lite III, et comparé de près la Primus Lite IV All Weather et la Sensus.
Ce qui m’avait marqué, et qui reste vrai ici : Vivobarefoot est l’une des rares marques à aller aussi loin dans la transparence des matériaux. La Tracker Leather AT II ne déroge pas à la règle. C’est une chaussure de randonnée montante, en cuir Wild Hide (cuir de bovins élevés en liberté), pensée pour le sentier… tout en restant une chaussure barefoot : drop 0, toe box anatomique, semelle relativement fine.
Ce n’est pas une FiveFingers, ce n’est pas une Primus Lite. C’est autre chose : une chaussure montante de randonnée minimaliste ; sur certains aspects, plus protectrice, plus lourde, moins « pieds nus » qu’un modèle quotidien.
La Tracker Leather AT II, c’est quoi ?
La Tracker Leather AT II est la deuxième génération de la Tracker Leather AT. Vivobarefoot l’a notamment renforcée, ajouté des doubles coutures aux zones de contrainte, et fait évoluer la semelle.
Le parti pris important : pas de membrane imperméable. Vivobarefoot assume une construction respirante grâce au cuir, sans Gore-Tex ni équivalent.
Premières observations
Du premier coup d’œil, on peut se dire qu’on a affaire à une chaussure de randonnée presque classique : montante, protectrice, imposante…
Une fois en main, les 393 grammes se font sentir.
Mais cela respire la qualité :
– le cuir est plutôt épais ;
– la semelle est collée et cousue ;
– les crampons sont importants ;
– la languette a un soufflet qui monte bien.
Bref un look franchement « outdoor » et robuste, qui ne laisse pas vraiment de place au minimalisme, quoique…

La semelle intérieure
La Tracker Leather AT II est livrée avec une semelle intérieure thermique optionnelle.
Celle-ci mesure 3,7 mm d’épaisseur et pèse 24 grammes.
Pour les mesures de l’indice minimaliste (IM), je ne la prends pas en compte.
Pour ma part, je trouve intéressant de pouvoir choisir entre une utilisation avec ou sans cette semelle selon les sensations recherchées et les conditions d’utilisation.
Calcul de l’indice minimaliste
Comme d’habitude, la pointure de référence est un 42.
Le poids
Le poids est évidemment un élément important lorsqu’on parle de minimalisme.
J’ai pesé la chaussure en pointure 42 : sans la semelle intérieure j’obtiens 393 grammes.
À noter que le fabricant annonce 486 grammes (sans mentionner pour quelle pointure).
Même en ajoutant la semelle intérieure optionnelle de 24 grammes, on est bien en dessous du poids annoncé, ce qui est une bonne nouvelle !
Par contre pour ce qui est du calcul de l’indice minimaliste, ça reste un 0 sur 5.
Nous avons ici une chaussure montante et en cuir, deux facteurs qui alourdissent énormément les chaussures. Les 393 grammes ne sont donc pas vraiment surprenants.
C’est d’ailleurs l’un des compromis de ce modèle : on gagne en protection et en robustesse, mais on perd forcément en légèreté.
L’épaisseur de la semelle
Au compas d’épaisseur, j’ai mesuré 8 mm au niveau du talon ainsi qu’au niveau des métatarses (toujours sans la semelle intérieure qui mesure 3,7 mm d’épaisseur). À savoir : Les Tracker Leather AT II peuvent être portées sans cette semelle totalement optionnelle. La finition étant faite pour.
Les 8 mm correspondent donc à la chaussure elle-même et permettent de mieux apprécier la conception minimaliste du modèle. Même si cette épaisseur peut paraître importante lorsqu’on la compare à certaines chaussures barefoot plus fines, elle est dans la moyenne des modèles minimalistes pour la randonnée. Elle permet notamment d’obtenir une protection correcte contre les aspérités du terrain tout en conservant la perception du sol.
Grâce à ces 8 mm, la note de ce critère est de 4 sur 5. La note est la même avec la semelle intérieure car la bascule entre le 5/5 et le 4/5 est exactement à 8 mm (4/5 = de 8 mm à moins de 14 mm)
Le drop
Le talon n’est pas surélevé par rapport à l’avant du pied.
Le drop est donc de 0 mm.
Le pied reste ainsi dans une position naturelle, sans inclinaison artificielle vers l’avant.
C’est évidemment un élément important dans le cadre de l’indice minimaliste, car elle obtient le maximum soit 5 sur 5.
Technologies de stabilité et de contrôle du mouvement
Même s’il n’y a pas à proprement parler de technologie particulière destinée à contrôler le mouvement du pied ou à corriger sa stabilité, ce modèle montant maintient la cheville. Je considère donc cette caractéristique comme une technologie de contrôle, lui accordant donc une note de 4 sur 5.
Ce choix peut sembler un peu sévère, mais il me paraît logique qu’une tige montante limite davantage la liberté de mouvement de la cheville qu’une chaussure basse. Je prends un peu d’avance, mais lors de mon test je l’ai bien ressenti.
La flexibilité longitudinale
J’ai également testé la flexibilité de la chaussure dans le sens longitudinal.
Le résultat est de 1,5 sur 2,5.
La Tracker Leather AT II peut donc se plier, mais elle demande tout de même une certaine force.
Là encore, je ne m’attendais pas à mieux vu le choix de la robustesse avec un cuir épais et une tige montante.
La flexibilité torsionnelle
La Tracker Leather AT II n’obtient pas mieux, soit 1,5 sur 2,5.
On retrouve finalement le même constat que pour la flexibilité longitudinale.
Globalement la robustesse d’une chaussure a toujours un impact sur sa légèreté et sa flexibilité.
L’indice minimaliste
Je résume : les données ci-dessous sont celles d’un 42 homme, sans la semelle intérieure.
– Poids : 393 grammes la chaussure (786 g la paire) — note 0/5
– Épaisseur au talon : 8 mm — note 4/5
– Drop : 0 mm — note 5/5
– Technologie de stabilité : 1 (même si ce n’est pas un contrôle du mouvement, la tige montante bride la cheville) — note 4/5
– Flexibilité longitudinale : résistance modérée — note 3/5
– Flexibilité torsionnelle : résistance modérée — note 3/5
Indice minimaliste : 64 / 100.
Avec la semelle intérieure thermique (de 3,7 mm d’épaisseur), même si on perd un peu de « sensation tactile », l’indice reste le même.
Pour rappel : 100 représente le maximum, une chaussure très minimaliste. Le début des chaussures dites « minimalistes » se situe autour de 70.
Avec 64 d’IM, ce modèle pourrait être considéré comme non minimaliste. Mais ce n’est pas vrai. J’entre dans les détails avec la suite.
Mon test des Tracker Leather AT II de Vivobarefoot
J’ai donc testé une paire de 42 sans la semelle thermique. Il fait encore bien trop chaud pour ça !
Mes sensations
Dès l’enfilage, je sens que mes orteils ont de l’espace grâce aux 10,4 cm de large (pour du 42).
Dès les premiers pas, on sent que ce n’est pas la semelle la plus fine, mais le ressenti du sol est meilleur qu’espéré. Les 8 mm de semelle retransmettent vraiment bien les sensations.
Une fois aux pieds, la flexibilité est honnête pour une chaussure montante. Ce n’est pas une planche de bois, loin de là. Elles se plient assez facilement à la base des orteils.
Par contre, le maintien de la cheville est réel. En plus, la première fois j’avais bien serré jusqu’en haut, j’ai immédiatement senti une restriction des mouvements au niveau de mes chevilles. À noter cependant que le cuir était neuf et qu’il ne s’était pas encore assoupli.
Quelle est l’adhérence des Tracker Leather AT II ?
C’est l’un des points forts du modèle.
La semelle All Terrain, avec ses crampons de 4 mm, est particulièrement efficace. Cela m’a fait penser aux meilleures semelles de Vibram : juste excellent ! Sur terre, herbe, rocher, chemin forestier, sec ou mouillé, l’accroche est géniale.

Les Tracker Leather AT II sont-elles résistante à l’eau ?
Résistantes oui, mais pas imperméable.
Le cuir Wild Hide, la languette à soufflet et la semelle collée font le travail.
Concrètement, les pieds restent secs un bon moment dans les conditions d’herbe mouillée, de rosée, de petite pluie et de chemin mouillé.
Par contre, je n’ai pas testé de passage de ruisseau ou de m’éterniser dans une flaque…
La respirabilité est celle du cuir, pas de surprise de ce côté.
Entretien et durabilité
Cette chaussure robuste est faite pour durer. Il suffit de l’entretenir un minimum. Pour cela, pensez à « nourrir » le cuir (cire d’abeille, graisse adaptée) ; cela permettra au cuir de ne pas se dégrader et de conserver son effet hydrofuge.
Pour quels usages puis-je utiliser les Tracker Leather AT II ?
Elle convient bien à :
• la randonnée, le trek, sentiers, forêt, moyenne montagne ;
• un usage mixte sentier / village / ville, si on assume le look baroudeur.
Elle convient moins à :
• la course, même sur chemin : trop lourde, trop montante ;
• le quotidien urbain ;
• Les sorties extrêmement pluvieuses.
Conclusion
La Tracker Leather AT II n’est pas la chaussure la plus minimaliste du catalogue. Avec 64 d’indice minimaliste, elle ne devrait pas être considérée comme minimaliste. Mais les sensations qu’elle procure, son drop nul, sa semelle de 8 mm et la large place pour les orteils en font quand même une chaussure barefoot.
Elle a même un intérêt : elle est montante. Et cette caractéristique est carrément imposée par certaines associations de randonnée ! (Ce qui est, de mon point de vue, très critiquable…). En tout cas, ce modèle permet d’avoir une adhérence excellente, de réelles sensations tactiles, tout en ayant le pied et la cheville protégés.
Le prix (219 €) est élevé, mais ces Tracker en cuir sont un modèle haut de gamme.
Les plus :
• Toe box anatomique, orteils libres
• Drop 0
• Excellente adhérence
• En cuir et construction renforcée
• Respirabilité (pas de Gore-Tex)
• Semelle intérieure thermique amovible
• Transparence sur les matériaux
Les moins :
• Poids
• Indice minimaliste seulement à 64
• Flexibilité moyenne
• Prix
• Résistante à l’eau, pas étanche
En résumé, réponses aux questions de départ
Quel est l’indice minimaliste des Tracker Leather AT II ?
64 / 100
Quelles sensations procurent-elles ?
Les sensations sont bonnes pour une chaussure montante de randonnée. On sent bien sur quoi on marche, les changements d’inclinaison, etc.
Les sensations sont meilleures sans la semelle thermique.
On sent quand même un carcan au niveau de la cheville que l’on n’a pas avec des Primus Trail ou des Fivefingers.
Quelle est leur adhérence ?
Quasiment le top sur une multitude de terrains.
Sont-elles résistantes à l’eau ?
Oui, grâce au cuir, mais elles ne sont pas étanches.
L’entretien du cuir est indispensable.
Pour quels usages puis-je les utiliser ?
La marche, la randonnée, le trek.

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